J’ai des fourmis dans les jambes…

fourmis dans les jambesLe syndrome des jambes sans repos, appelé aussi impatiences dans les jambes ou impatiences nocturnes, se définit comme un trouble neurologique qui cause un besoin irrépressible de bouger les jambes. Souvent davantage présent dans les membres inférieurs, les sensations et l’intensité peuvent varier d’une personne à l’autre allant de fourmillements, picotements ou sensations de brûlure.

Par Véronik Tanguay, ND, Hta

 

Malheureusement, ces sensations désagréables surviennent particulièrement durant les périodes de détente ou d’inactivité. Par conséquent, il peut être très difficile de se reposer, de s’endormir ou même de demeurer inactif lors d’une réunion de bureau ou d’un voyage en avion, par exemple.

En Amérique du Nord et en France, environ 1 personne sur 10 souffre du syndrome des jambes sans repos. Au Québec, environ 15% des gens sont atteints de ce syndrome.  Chez certaines personnes, il pourrait s’agir d’une anomalie génétique (forme primaire), transmise d’une génération à l’autre, débutant souvent à l’âge adulte, tandis que pour l’autre moitié des cas, plusieurs causes sont possibles ou demeurent inconnues (forme secondaire). Sur le plan physiologique, on sait qu’il s’agit d’un trouble neurologique qui impliquerait un manque de dopamine dans le cerveau et la moelle épinière. La dopamine est un composé chimique important qui permet aux nerfs de communiquer entre eux et de réguler les mouvements.

Les formes secondaires sont associées aux conditions suivantes :

  • Une carence en fer pourrait entraver la production de dopamine, même si la carence n’est pas suffisante pour parler d’anémie. Le fer est impliqué dans la production de dopamine dans le cerveau.
  • La présence d’une maladie chronique dont le diabète, une insuffisance rénale, la fibromyalgie ou la polyarthrite rhumatoïde pourraient contribuer au syndrome des jambes sans repos.
  • Chez certaines femmes, la grossesse peut déclencher les symptômes, surtout durant le dernier trimestre, ou les aggraver. Dans le premier cas, ceux-ci ont tendance à disparaître dans les 2 semaines suivant l’accouchement.
  • Une carence en acide folique (vitamine B9).
  • La prise de certains médicaments, comme les antidépresseurs tricycliques, le lithium, les antinauséeux et les antipsychotiques.
  • La caféine présente dans le café, le thé noir, le chocolat et certaines boissons.
  • L’obésité augmente légèrement le risque.
  • Des médicaments peuvent l’exacerber ou le démasquer dont les antihistaminiques, antidopaminergiques, antidépresseurs (particulièrement mirtazapine), bêta bloquants,  neuroleptiques, lithium.
  • Les patients avec sclérose en plaques, sclérose latérale amyotrophique ou qui sont migraineux sont plus souvent atteints.

 

En naturopathie, plusieurs solutions sont envisageables. Si un bilan médical démontre un taux de fer bas, il est possible de supplémenter durant une certaine période. Certains fers disponibles en magasins d’aliments naturels sont élevés combinés avec des levures et deviennent ainsi davantage assimilables et ce, sans effets secondaires. De plus, plusieurs plantes médicinales supportant le foie pourront y être combinées afin d’améliorer l’assimilation du fer. Notons que l’ortie et la racine de patience crépue sont des plantes riches en fer facilement assimilable. Certains légumes feuillus verts contenant beaucoup de chlorophylle sont aussi généralement riches en fer.

Chez certaines personnes, un supplément à base de chlorure de magnésium pris avant le coucher agit comme relaxant musculaire et permet de diminuer les mouvements involontaires des jambes durant la nuit.

Des tisanes ou macérations liquides de plantes médicinales apaisantes, nommées teintures, peuvent supporter le système nerveux et favoriser l’endormissement. En tisane, les herbes nutritives, reminéralisantes, alcalinisantes et nervines seront souvent privilégiées telles que la paille d’avoine, l’ortie, la scutellaire, la camomille et les feuilles de framboisier. D’autres, facilitant le sommeil, peuvent leur être ajoutées comme le pavot de Californie, le houblon et la valériane.

Évidemment, l’exercice ne peut qu’améliorer la situation. La marche rapide et le vélo ne sont que deux exemples qui activent la circulation sanguine et lymphatique et permettent donc de mieux éliminer les déchets cellulaires qui, sinon, pourraient créer de l’acidité qui agir comme irritants sur les nerfs. Surtout, il faut apprendre à se coucher plus tôt et éviter de dépasser la limite de notre système nerveux. C’est souvent à ce moment que les symptômes se feront plus incommodants.

Solutions aromatiques

Dans le syndrome des jambes sans repos, plusieurs essences aromatiques auront un effet bénéfique. Nous rechercherons des essences apaisantes, ayant un effet sur le système nerveux; des essences circulatoires ainsi que des antispasmodiques.

Dans les essences aromatiques apaisantes, la lavande vraie, le lavandin super et le petit grain bigarade sauront calmer le système nerveux.

Dans la catégorie des antispasmodiques, le sapin baumier, le basilic exotique, le thé des bois seront d’excellents choix.

Finalement, les huiles essentielles circulatoires faciles à se procurer sont le pin rouge (produit au Québec), le cyprès toujours vert, le myrte rouge, la menthe poivrée, le niaouli, l’hélichryse italienne et le genévrier de Virginie.

Voici une recette à visée circulatoire et apaisante qui pourra être appliquée en prévention ou en traitement alors que les symptômes se font sentir :

  • Pin rouge ou Cyprès toujours vert : 50%
  • Menthe poivrée : 5%
  • Lavande vraie : 20%
  • Myrte rouge : 15%
  • Basilic exotique : 10%

Massez 10 à 15 gouttes sur les jambes en partant du bas vers le haut. Cette même recette sera utile en cas de varices douloureuses, de jambes enflées et de lourdeurs dans les jambes.

 

Voici une autre recette proposée par Nerys Purchon dans son livre La bible de l’aromathérapie, pour soulager le syndrome des jambes sans repos :

  • HE Poivre noir : 10 gttes
  • HE Romarin à cinéole : 30 gttes
  • HE Marjolaine des jardins : 20 gttes
  • HE Lavande : 10 gttes
  • HV Pépin de raisin : 4 c. à soupe

Madame Purchon propose d’appliquer la formule en massage avant de se mettre au lit en allant des chevilles jusqu’au sommet des cuisses. Pour en optimiser les résultats, je vous propose de changer l’huile de pépins de raisin, qui ne possède pas de qualité thérapeutique sur cette pathologie, pour une huile macérée aux fleurs de millepertuis qui a une action positive sur le système nerveux et sur les douleurs musculaires, articulaires et ligamentaires.

Ces recettes pourront vous être utile et soulager grandement vos jambes en attendant de trouver le sommeil. Toutefois, veillez à trouver la source afin que les symptômes ne viennent pas à empirer et surtout, qu’ils puissent enfin disparaître à jamais.

 

Article paru dans le Magazine VIVRE

 

 

 

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