Arthrose, que me dit mon corps?

Arthrose, que me dit mon corps?

Le cartilage joue le rôle de tampon entre les os en les empêchant de se frotter les uns contre les autres. ce qui permet à l'articulation de bouger normalement. L'arthrose est une atteinte chronique de l'articulation entrainant la destruction du cartilage qui aboutit à des raideurs et à des douleurs quotidiennes. Les personnes atteintes d'arthrose souffrent surtout le matin au reveil. Cela leur prend parfois un certain temps avant de pouvoir bouger ou d'utiliser l'articulation touchée. Par Véronik Tanguay, ND, Hta

L’arthrose ou ostéoarthrite, est une affection chronique qui se manifeste par des douleurs persistantes aux articulations causées par l’usure anormale du cartilage et de l’ensemble de l’articulation. Dans ce cas-ci, la destruction de la matrice cartilagineuse s’effectue plus rapidement que sa régénérescence. Elle est la forme d’arthrite la plus fréquente. Selon Statistique Canada, l’arthrose atteint 10% de la population canadienne, aussi bien les hommes que les femmes. Les articulations les plus fréquemment touchées sont le genou, la hanche et celles de la colonne vertébrale. L’arthrose des doigts est également très fréquente, surtout chez les femmes.

 

Les causes de l’arthrose sont multiples. Les facteurs mécaniques sont au premier plan, associés à des facteurs génétiques, inflammatoires et reliés au mode de vie de la personne. En effet, l’excès de poids et le manque d’activité physique sont parmi les facteurs les plus importants.

 

Le mieux est toujours d’agir en prévention, non seulement afin de prévenir l’arthrose mais aussi de nombreuses autres maladies dégénératives. Il importera d’être doublement attentif si vous avez eu une blessure ou une opération dans une articulation. Celle-ci pourrait être davantage prédisposée à développer de l’arthrose.

 

Avec un mauvais fonctionnement de nos organes éliminatoires et ainsi une accumulation de l’acidité dans nos tissus, il y a de fortes chances que les minéraux contenus dans nos organes, tissus et os soient utilisés afin d’équilibrer l’acidité présente dans notre corps. Ainsi, nos articulations viennent à se déminéraliser, pour ne pas dire s’effriter ! Sans compter que les résidus acides de notre corps peuvent provoquer la précipitation de certains déchets qui peuvent former des cristaux d’acidité et se déposer à certains endroits où la circulation est plus difficile, dont les articulations, pouvant causer une déformation de ces dernières. Ainsi, les facteurs acidifiants, dont le stress, le sucre, l’alimentation riche en féculents et en protéines animales devront être rectifiées. Les légumes seront priorisés à tous les repas sauf au déjeuner où les fruits seront à l’honneur. Le café, les jus de fruits, l’alcool et tout autre boisson commerciale seront bannis afin que l’eau et les tisanes alcalinisantes soient les breuvages privilégiés.

 

Certains suppléments ont fait leur preuve dont la glucosamine et la chondroïtine. Le premier semble améliorer la qualité du liquide synovial (qui sert de lubrifiant dans les articulations) tout en aidant à reconstruire le cartilage endommagé. Les études démontrent que la glucosamine atténue les symptômes après deux à six semaines de traitement et que, à long terme, elle diminue même la progression de l’arthrose. Pour sa part, la chondroïtine possède une action similaire en plus de diminuer l’effet de l’enzyme de dégradation du cartilage. Il semblerait que 80% des personnes obtiendraient le soulagement espéré avec ces produits.

 

Des plantes anti-inflammatoires auront aussi toute leur utilité. Qu’elles soient prises en tisane, en macération liquide ou en supplément, le curcuma, la griffe de chat, le boswelli, les feuilles de cassis ou la griffe du diable ont démontré leur efficacité. Lorsque le dosage thérapeutique, unique à chacun, est trouvé, la puissance anti-inflammatoire et analgésique de ces plantes est comparable à celle des médicaments en vente libre.

 

Des tisanes alcalinisantes et nutritives, telles que l’ortie et l’avoine pourront être bues quotidiennement afin d’apporter les minéraux nécessaires au corps tout en drainant les cristaux d’acidité nuisibles. Pour sa part, l’avoine contribuera à régénérer le système nerveux et du même coup, réduire l’acidité générée par le stress.

 

Finalement, un baume à base de piment de cayenne offre souvent de bons résultats pour soulager la douleur locale. Tout comme la majorité des plantes et suppléments, il faut compter jusqu’à 14 jours de traitement avant que l’effet thérapeutique se fasse pleinement sentir.

 

Surtout, bougez tout en écoutant votre corps et ses limites : marche, yoga ou toute autre activité devenant un moment privilégié où mouvement, étirement, souplesse et détente seront au rendez-vous.

 

 

Solutions aromatiques

 

Pour soulager les douleurs liées à l’arthrose, le Québec produit une huile essentielle fabuleuse qu’est le thuya occidental ou, couramment appelé ici, cèdre. Aussi nommé Arborvitae, signifiant Arbre de Vie, ce fameux cèdre qui délimite nos terrains et maisons protège aussi nos articulations ; son essence possède des qualités anti-arthrosique exceptionnelles ! Cette huile essentielle est celle que le Québec produit et exporte le plus à travers le monde. Abordable et facile à trouver, elle sera simplement massée sur les articulations douloureuses, 2 à 3 fois par jour.

Comme plusieurs huiles essentielles, le thuya doit être utilisé avec une certaine prudence. Sa composition moléculaire nous restreint à l’utiliser seulement par voie externe, en massage (pure ou diluée) localement. Pas d’ingestion, au risque de s’intoxiquer. Il ne sera donc pas possible d’en appliquer sur toutes vos articulations si ces dernières souffrent d’arthrose. Cela fera une trop grande quantité d’huile essentielle absorbée par la peau puis gérée par le foie.

D’autres essences aromatiques pourront être utilisées en alternance ou en complémentarité avec le thuya ; le thé des bois et l’eucalyptus citronné (très différent du populaire eucalyptus officinal ou radié), ont une action anti-inflammatoire très importante. Utilisées localement, ces essences pourront être massées à raison de quelques gouttes sur l’articulation douloureuse, seules ou en synergie.

D’autres huiles essentielles peuvent apporter un soulagement en activant la circulation sanguine locale et en procurant une chaleur bienfaitrice. Toutefois, elles devront toujours être appliquées en petite quantité, diluées avec une autre huile essentielle ou une huile végétale. Le clou de girofle et le thym saturéoïde sont deux exemples qui procurent cette chaleur mais sans la dermocausticité puissante du thym à thymol ou de la sarriette qui demandent encore plus de précautions.

Finalement, certaines essences agissent comme anti-inflammatoires grâce à leur propriété appelée « cortisone mimétique ». Le sapin baumier, l’épinette noire et le pin sylvestre sont douces sur la peau, procureront un bien-être tout en étant utilisées seules ou en synergie.

Commencez par en essayer une à la fois, à raison de 2-3 gouttes, trois fois par jour pour ainsi en noter les résultats après une semaine. Cela vous permettra de constater quelles essences aromatiques sont les plus efficaces pour vous et de créer votre synergie parfaite ou encore d’alterner leur application.

 

Extrait paru dans le Magazine VIVRE, mars 2017

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