Asthme; retrouver son souffle!

L'asthme est une maladie caractérisée par une inflammation plus ou moins grave des voies respiratoires, et surtout des bronches et des bronchioles. Elle se traduit par une difficulté à respirer, un essoufflement, une respiration sifflante ou une sensation d’oppression dans la poitrine. Par Véronik Tanguay, ND, Ht-a

 

 

L’inflammation des voies respiratoires se traduit par la production d’un mucus épais à l’intérieur des bronches, ce qui gêne la circulation de l’air. Parallèlement, les muscles autour des bronches se contractent, entraînant la « fermeture » des bronches (bronchospasme). C’est ce qui provoque la gêne respiratoire.

Les facteurs suivants peuvent contribuer à déclencher une crise d’asthme ou à aggraver la gêne respiratoire, mais ils ne sont pas nécessairement la cause de l’asthme :

  1. Des allergènes aériens (poussières, pollen, poils d’animaux, acariens).
  2. Des polluants aériens (irritants en milieu de travail, fumée de feu de bois, gaz d'échappement, pollution atmosphérique, etc.).
  3. La fumée du tabac.
  4. Des aliments (allergies ou intolérances alimentaires) ou des additifs alimentaires, comme les sulfites.
  5. Certains médicaments (aspirine et autres médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens, bêta-bloquants utilisés pour les problèmes cardiaques ou l’hypertension).
  6. Des infections des voies respiratoires (rhume, bronchite, sinusite, etc.), car elles engendrent une inflammation.
  7. L’exercice physique intense, surtout s’il est pratiqué à l’extérieur en hiver, par temps froid et sec.
  8. Des émotions fortes (rires, pleurs, colère, excitation), surtout chez les enfants.


Le poumon fait parti de nos organes éliminatoires (avec l’intestin, la peau et les reins). L’un de ses nombreux rôles est d’éliminer les déchets sous forme de gaz produits au niveau cellulaire ou digestif. Une surcharge d’un ou plusieurs de nos organes éliminatoires peut mener à un excès de toxines, difficiles à éliminer pour les poumons. De plus, une surconsommation d’aliments producteurs de mucus, tels que les produits laitiers et le blé, amènent trop souvent une surproduction de mucus dans les systèmes digestifs et respiratoires. Cela a pour conséquence de réduire l’espace possible des échanges gazeux et d’augmenter l’inflammation. Une autre façon de réduire l’inflammation est de réduire les aliments à index glycémique élevé et les gras saturés d’origine animale.

Une étude préliminaire a montré qu’un concentré de feuilles de gingko biloba (15 g, 3 fois par jour) permettait d’améliorer la fonction pulmonaire chez des personnes asthmatiques. Plusieurs études menées chez la souris appuient l’efficacité du ginkgo pour réduire l’inflammation des bronches. D’autres plantes, prises en tisane ou en concentré liquide, apporteront un soulagement : le plantain, la molène, l’hysope, les bourgeons de sapin, la pulmonaire, l’ail, l’ortie, l’anis, le fenouil, la réglisse, le thym et le raifort ne sont que quelques exemples. En quantité modérée, les aliments contenant de la caféine (thé, café, chocolat noir) contiennent deux substances ayant un effet bénéfique sur l’asthme : la théobromine et la théophylline qui, comme la caféine, appartiennent à une famille de substances chimiques appelées les xanthines. Ces substances contribuent à stopper les bronchospasmes et ouvrent les voies aériennes en constriction. Évidemment, malgré leurs qualités, ces aliments peuvent créer une dépendance et ne doivent être ingérés qu’en petite quantité seulement!

Les sommités fleuries de la lobélie (Lobelia inflata) sont utilisées en herboristerie traditionnelle par voie interne pour traiter certaines affections respiratoires, comme l'asthme et la bronchite chronique. Elles facilitent la respiration en favorisant l'expulsion du mucus et en diminuant les spasmes des bronches. Une méta-analyse publiée en 2010 rapporte les effets bénéfiques de cette plante sur les symptômes et la fonction respiratoire des asthmatiques. La meilleure façon de bénéficier de ses propriétés est son utilisation en concentré liquide (teinture) qui sera pris à petite dose (3 à 10 gouttes) afin d’éviter les inconforts digestifs qu’elle pourrait causer.

Bien entendu, l’hygiène alimentaire et le mode de vie, incluant l’allaitement, la façon d’introduire les solides, la fréquence des vaccins, l’antibiothérapie, les crèmes à cortisone et beaucoup plus sont des facteurs qui demandent à être pris en compte pour obtenir une amélioration à long terme.

 

Les essences aromatiques, particulièrement celles du Québec, font parties de la trousse essentielle pour soulager les symptômes de l’asthme. De manière générale, les essences de conifères augmentent la force pulmonaire et contribuent à garder les alvéoles et conduits pulmonaires propres en liquéfiant le mucus pouvant s’y trouver et causer l’inflammation tout en limitant la prolifération des bactéries pathogènes.

 

Une autre technique très intéressante pouvant s’allier à merveille à la diffusion des essences aromatique est la méthode Buteyko qui est une technique de respiration créée en Russie dans les années 1950 par le Dr Buteyko. D'après la vision de ce médecin, les asthmatiques sont en hyperventilation chronique; leur taux de CO2 dans le sang et dans les alvéoles pulmonaires serait trop bas. Les exercices de respiration élaborés par le Dr Buteyko visent à respirer mieux, à un rythme un peu plus lent. Selon les praticiens de cette méthode, ces exercices ont permis à plusieurs asthmatiques d'améliorer leur qualité de vie après quelques jours. Une revue systématique visant à évaluer l'efficacité de la méthode Buteyko chez des asthmatiques a été publiée en 2005. Les études recensées font état d'une diminution des symptômes d'asthme et du volume d'air respiré par minute, d'une amélioration de la qualité de vie et d'une réduction de la consommation de médicaments.

 

Vous pouvez pratiquer ces exercices respiratoires dans un local où des essences de conifères ont été préalablement diffusées. Le pin blanc, la pruche, le sapin et l’épinette blanche sont d’excellents choix. Ces essences de conifères peuvent aussi massées dans le dos à raison d’une quinzaine de gouttes, une à deux fois par jour. Pour un enfant de moins de 7 ans, il est préférable réduire la posologie de moitié. Souvent, ce simple geste améliore considérablement la condition et permet de limiter l’utilisation quotidienne des pompes médicamentées.

 

D’autres essences aromatiques sont couramment utilisées pour soulager les symptômes de l’asthme : l’inule odorante, la lavande vraie ou la lavande aspic, la marjolaine d’Espagne, l’estragon, la camomille noble, l’hysope couchée, le ravintsare et la mandarine pourraient faire parti d’une synergie afin d’augmenter les résultats escomptés. Attention, certaines d’entres elles ne doivent pas s’appliquer pures sur la peau ou sont plutôt dispendieuses, voilà pourquoi elles seront diluées ou mise en synergie avec d’autres huiles essentielles.

 

 

Voici une formule qui pourrait être utilisée matin et soir chez une personne asthmatique :

 

5 ml pin blanc (Pinus strobus)

 

2 ml marjolaine d’Espagne (Thymus mastichina)

 

1 ml Inule odorante (Inula graveolens)

 

2 ml pruche (Tsuga canadensis)

 

Mélanger ensemble et appliquer une dizaine de gouttes sur le thorax matin et soir. Pour les enfants de moins 6 ans, mettez un peu d’huile à massage au creux de votre main et ajouter 5 gouttes de la synergie aromatique.

 

 

En cas de crise d’asthme, il faut éviter de forcer la respiration mais plutôt se détendre en retenant l’air dans une mesure confortable. Tel qu’expliqué plus haut, c’est en fait la présence du gaz carbonique qui permettra la relaxation des bronches; voilà pourquoi il est souvent recommandé de respirer doucement dans un sac de papier. Voici une recette d’un médecin aromathérapeute qui pourra être utilisée en cas de crise d’asthme :

 

Asthme (Jean-Pierre Willem) :

 

2 ml d’estragon (Artemisia dracunculus)

 

1 ml de myrte rouge (Myrtus communis myrtenylacetatiferum)

 

1 ml de thé des bois (Gaultheria procumbens)

 

2 ml d’essence de mandarine (Citrus reticulata)

 

Massez 6 gouttes du mélange en application locale sur le thorax et le haut du dos au tout début de la crise et pendant celle-ci. Répétez l’application toutes les 30 minutes jusqu’à amélioration complète.

 

 

Bonne respiration!

 

Extrait du Magazine VIVRE

 

 

 

 

 

 

academie-jardin-de-vie