Les fragrances : un cocktail toxique?

Depuis quelque temps, on voit apparaître le mot aromathérapie dans plusieurs publicités pour vendre des produits qui sont supposés nous faire du bien. Qu’en est-il réellement?
Le terme aromathérapie a été créé en 1928 par un chercheur français, René-Maurice Gattefossé, qui a utilisé l’huile essentielle de lavande pour soigner une grave brûlure. La guérison fut rapidement sans laisser de cicatrices. Les essences aromatiques, communément appelées huiles essentielles, sont des extraits naturels de plantes médicinales. Elles ont été utilisées en médecine, en pharmacie et en parfumerie depuis des siècles, voir même des millénaires. Cependant, depuis quelques décennies, les chimistes ont développé des fragrances synthétiques qui imitent des odeurs de fruits ou de fleurs et cela à des coûts moindres que les extraits naturels. Ces substances artificielles produites à base de molécules chimiques sont beaucoup plus odorantes et persistantes. Dans un cours de chimie, un ami étudiant a été fasciné de découvrir qu’en mélangeant un certain nombre de produits chimiques, on obtient un liquide qui sent la banane. Pourtant, ces produits n’ont absolument aucune appartenance à la banane.

Ces composés sont très intéressants pour l’industrie du parfum et des cosmétiques. On les retrouve maintenant partout autour de nous: shampoing à la fraise, savon à la pomme verte; crème corporelle au magnolia; vêtements parfumés au mélange de détergent et d’assouplisseur. Un peu de gel ou de fixatif au lilas puis une touche du dernier parfum le plus « in ». Tout un cocktail toxique… et vous n’êtes pas encore sorti de la chambre de bain!
Dans le corridor est branché en continu un « rafraîchisseur d’air » au gardénia, une lampe bergère brûle une odeur de chèvrefeuille pour enlever l’odeur de poisson de la veille. Dans la voiture, il y a le petit sapin suspendu au miroir qui embaume et au retour de la maison, le nouveau savon à vaisselle « Aromathérapeutique » (dont le nom ‘fragrances’ vient bien avant ‘huiles essentielles’ dans la liste des ingrédients) est supposé vous détendre. Sans oublier le bain du soir agrémenté avec une chandelle à la vanille!

Danger ?
Tout au long de la journée, en respirant ces molécules, elles pénètrent dans notre organisme et s’accumulent dans corps. Personnellement, je travaille constamment avec des huiles essentielles sans que cela me cause de problème. Mais dès que je suis en présence d’une fragrance synthétique, j’ai tout de suite mal à la tête et j’ai besoin d’une bouffée d’air fraîche. Je vois souvent des gens se pincer le nez en passant devant toutes les boutiques-cadeaux de chandelles et de savons des centres-d’achats!

Besoin de preuves?
Une étude effectuée sur des souris de laboratoire exposée à des « rafraîchisseurs d’air » a démontré des effets négatifs tels que de l’irritation aux yeux, au nez, à la gorge et aux sinus, de même que des difficultés respiratoires, des réactions asthmatiques, des pertes d’équilibre, des tremblements et des convulsions. Plusieurs d’entre elles sont mortes après avoir respiré ces produits chimiques.
Une autre étude démontre que quatre « rafraîchisseurs d’air » disposés dans une pièce d’environ 20’ x 31’ dégagent assez de produits chimiques pour se comparer à la pollution mesurable dans une pièce fraîchement peinturée et à la moitié de celle détectable dans une pièce « emboucanée ».
Une étude effectuée par Greenpeace sur la composition chimique de 36 marques d’eaux de toilette et d’eaux de parfum démontre que certains de leurs ingrédients peuvent causer des dommages aux poumons, au foie et aux reins, de même qu’aux testicules de nouveaux-nés et peuvent interférer avec le système hormonal chez les poissons, les amphibiens et les mammifères.

884 des 3000 substances utilisées pour la fabrication des fragrances ont déjà été reliées à des problèmes de santé dont les moindres sont des allergies. Soyez vigilents! Renseignez-vous, évitez les produits dont le mot « fragrance » apparaît dans la liste des ingrédients et affinez votre nez; à force d’éviter ces produits de synthèse, nous devenons plus sensible à leur odeur dérangeante ainsi qu’à leurs effets secondaires.

Tiré de la revue Conscience Santé
Volume 1 Numéro 5

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